Economie chapitre I : Un système à bout de souffle
Chute du prix du baril de pétrole, plateformes financières qui dévissent, économie mondiale à l’arrêt « Il est clair que nous sommes désormais en récession, conséquence de la pandémie de coronavirus qui se propage dans le monde » a annoncé, ce vendredi 27 mars, la Directrice Générale du FMI Kristalina Georgieva.

La planche à billets va tourner, 2500 milliards de dollars pour les pays émergents, 2000 milliards pour les Etats-Unis. « Après l’Euro Million de la Française Des Jeux c’est l’Euro Milliard de la BCE ». La Banque Centrale Européenne, elle aussi, nous fait perdre la tête, par son injection dans l’économie de 1000 milliards d’euros afin de rassurer les marchés financiers et soutenir les entreprises. Mais jusqu’à quand ce système fondé sur l’endettement va-t-il continuer à perdurer ?

Accuser le coronavirus d’être la cause profonde d’une potentielle crise économique serait totalement absurde. En effet, depuis 2008 et la crise des subprimes, les banques ont été gérées de manière criminelle et leur état actuel est catastrophique. Récemment, HSBC, un des établissements de crédits leader en Europe, a totalement liquidé ses agences en France et licencié près de 30 000 employés. La Deutshe Bank, la plus importante banque allemande, est, à l’image de la majorité des banques européennes, dans un état désastreux. Manquant cruellement de cash, cette dernière est considérée comme morte-vivante, maintenue en vie par des injections répétées de liquidités, ce qui amène certains analystes à annoncer un krach imminent. Au 4ème trimestre 2019, la Société Générale dépassait très largement la norme de gestion prudentielle européenne avec un niveau d’endettement 42 fois supérieur à ses capitaux propres. Il faut savoir que l’effondrement des grandes banques aurait des répercussions catastrophiques sur le secteur bancaire. Ce cercle vicieux dans lequel se sont engrenés les établissements de crédit européens a pour cause et conséquence un niveau d’endettement colossal de l’Union Européenne. Pour exemple, en 2019, la France accumulait en rapport à son PIB 133% de dette privé et 100% de dette public.

En voyant le résultat de l’ingérence de la crise de 2008, le capitalisme financier doit-il nous pousser à reproduire aujourd’hui la même erreur ? « On ne peut régler un problème de dette en remettant de la dette » nous alerte O.Delamarche, analyste financier. A croire que la situation économique de la Grèce serait le modèle à suivre. On ne peut créer un endettement toujours plus poussé, obligeant notre pays à restructurer son système public et à renforcer les inégalités ; en temps de crise ce sont les contribuables qui paient au détriment des financiers. En effet, Les actionnaires n’investissent plus ou peu dans le capital et n’aident plus au développement économique. Ainsi, la sphère économique réelle se retrouve littéralement détruite par la spéculation sur les marchés de la sphère financière. En 2019, le CAC 40 a distribué aux actionnaires 49.2 milliards d’€ de dividendes soit 58% de leurs bénéfices. L’Etat perd le contrôle des marchés financiers à tel point qu’on demande aux plus grandes entreprises françaises de simplement « modérer le versement de leur dividendes », annonce faite par Bruno Le Maire, Ministre des Finances à l’issue d’une réunion entre Emmanuel Macron et les responsables syndicaux le 27 mars dernier. Les syndicats sont intervenus et ont appelé les actionnaires à être solidaire envers l’économie réelle en renonçant à leurs dividendes.

En réponse à la réaction prévisible des banques centrales, certains diront qu’il est primordial de maintenir des entreprises en vie plutôt que les mettre en faillite et 50% des actifs au chômage. Mais est-il préférable de continuer à essorer la classe moyenne pour éponger la dette et attendre qu’une prochaine crise économique emporte tout sur son passage ? Entre la peste et le choléra je préfère le choléra..ou la peste.

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