Aujourd’hui, la moindre instabilité sur les marchés expose les établissements de crédits à un Crash test grandeur nature. L’état désastreux du secteur bancaire de pays comme l’Argentine, le Vénézuéla ou le Liban est la preuve de cette vulnérabilité. Récemment avec la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, la Russie doit elle aussi faire face à la dévaluation monétaire et à l’hyperinflation, prémisses d’un effondrement que les nations précédemment cités ont déjà pu connaître. Dans ces cas de figure, pour prévenir du crash, les banques ont dû imposer une limite aux retraits d’argent, provoquant la colère des déposants. Ces derniers se sont alors rués sur les crypto-monnaies, une option tout à fait sérieuse quand on voit des gouvernements comme celui du Vénézuéla, décider d’y adosser leur monnaie nationale. Mais quels sont les avantages de ces monnaies numériques et quels autres moyens d’échanges alternatifs existent-ils en cas de faillite ?
Le Bitcoin, l’etherum, le Ripple sont des monnaies virtuelles limitées en nombre, il est donc impossible de les reproduire à l’infini à l’image de la fameuse planche à billet. Utilisable et contrôlable par tous avec l’ingénierie de la blockchain, ce système de transaction révolutionnaire, totalement sécurisé et transparent, enlève tout intermédiaire et décentralise le contrôle, c’est-à-dire que personne ne peut prendre la main sur le système, ni même son créateur. Véritable réserve de valeur mais extrêmement volatiles, elles restent un bon moyen de placer son argent afin de se prémunir d’une crise risquant de déprécier la monnaie en circulation.
D’autres alternatives pour se préserver d’un tsunami financier existent comme les monnaies locales, beaucoup se sont développées après la crise des subprimes en 2008. L’économiste Bernard Lietaer recommande leur existence à l’échelle de ville, quartier, communauté et secteur d’activité. Ces monnaies non spéculatives assurent à ses détenteurs une utilisation beaucoup plus raisonnée. Elles ne peuvent sortir du circuit économique court dans lequel elles sont implantées ce qui préserve l’emploi et l’activité locale. Aussi, des systèmes monétaires plus équitable, encore peu démocratisé sont en train de voir le jour, c’est le cas de la monnaie libre ou du réseau des Acorderies. Concentré avant tout sur des valeurs humaines, ces moyens d’échanges novateurs sont favorables au maintien d’un équilibre social.
Malgré ces options, et d’autant plus après le passage d‘un cataclysme financier, souvent la population touchée se retrouve dans une situation de précarité. Il se développe alors en urgence, dans des sociétés solidaires, des économies de partage basées sur des échanges arbitraires de biens et de services. C’est le cas en Argentine ou au Vénézuéla avec la réapparition des trocs de quartier. Dans ces régions du monde où la finance a anéanti l’économie réelle, où l’hyperinflation règne en maître et où la pauvreté connaît une forte augmentation du fait des pénuries alimentaires à répétition, le troc s’avère parfois vital.
