L’histoire récente de Peters Surgical, grosse PME fabricante de matériel médical, nous montre une nouvelle fois la puissance de frappe de ces bandits. En effet, suite à son rachat par l’un des plus grand truand Français, le fond d’investissement Eurazeo, et ce, malgré l’explosion de leurs ventes en raison de la pandémie et un fort accroissement du chiffre d’affaires ; des licenciements injustifiés sont organisés et les délocalisations s’accélèrent. Eurazeo, soutenu par la puissance publique dans sa stratégie de démantèlement, en profite pour augmenter ses dividendes plutôt que d’en faire bénéficier ses salariés. L’Etat favorise même l’utilisation des fonds public pour financer le chômage partiel ou l’usage du crédit d’impôt afin de préserver l’enrichissement de ses actionnaires. Pourtant, l’économiste Benoit Borrits nous prévient « qu’il n’est pas dans la vocation de l’argent public de se substituer aux actionnaires et de sauver ainsi leur pouvoir ». La situation de cette entreprise est la parfaite illustration de la pression qu’exerce le monde de la finance sur notre économie réelle.
Mais comme on peut le constater une prise d’otage ne se fait jamais seul : « Dans un braquage, c’est chacun son rôle, c’est bien organisé. Pendant que certains dévalisent la banque d’autres sont assis tranquillement dans la bagnole et font tourner le moteur, en s’assurant que tout se passe comme prévu ». Là est le rôle de l’Etat. Pour exemple, ce gangster de Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, qui annonce l’ouverture d’une plateforme de dons pour ceux qui souhaiteraient contribuer à « la solidarité nationale » dans le but de venir en aide aux entreprises en difficulté. Cet appel aux dons est la preuve d’une volonté féroce de ne pas recourir à l’imposition, c’est à dire à une nouvelle politique fiscale plus redistributive. Encore une fois, le gouvernement contribue au braquage en continuant sa politique néo-libérale basé sur l’enrichissement des plus grosses fortunes. Afin d’assurer la pérennité du haut- banditisme, il est préférable de laisser la possibilité aux plus riches de se prévaloir d’une générosité ponctuelle que de subir un ISF sur plusieurs années.
Malheureusement, le poids de la sphère financière et de ses politiques ne sera pas sans conséquence pour le contribuable. La dégradation de notre système public, les privatisations à grandes échelles des hôpitaux envisagées par le plan massif de restructuration du système de santé, les réformes de l’assurance chômage et des retraites, sont déjà les prémisses d’une politique économique future encore plus restrictive. Doit-on continuer à se faire braquer par ces hommes de l’ombre ? Le charme de nos preneurs d’otages n’opère-t-il pas depuis trop longtemps ? Il est temps de sortir du syndrome de Stockholm et d’arrêter d’adhérer à la cause financiaro-capitalistique de nos agresseurs.
