I.A.
« La création d’une intelligence artificielle serait le plus grand événement de l’histoire de l’humanité. Mais il pourrait aussi être le dernier ». Par cette citation de Stephen Hawking est introduit un des thèmes les plus important de la Gazette. La Science avec l'I.A Cette technologie majeure du 21ème siècle, va changer notre monde.

De tout temps, l’homme a usé de son intelligence pour survivre et s’élever, pour comprendre le monde et le changer. Par son intellect il a su maîtriser les éléments, repousser ses prédateurs, combattre la faim et la maladie, mais il a également développé la philosophie, l’art, l’artisanat, l’éducation, la science, la religion, le commerce et la politique pour se construire en tant que société. Aussi, il s’est imposé des valeurs, des règles, une morale, une éthique tout en augmentant la portée et le volume de ses échanges et de sa réflexion. Stimulé par son intelligence, l’homme ne semble mettre aucune limite à son évolution et voit en l’intelligence artificielle (I.A) le moyen de continuer à se transcender. En 2014 Stephen Hawking, physicien et théoricien, s’exprimait en ces termes : « La création d’une intelligence artificielle serait le plus grand événement de l’histoire de l’humanité. Mais il pourrait aussi être le dernier » Il est vrai que cette technologie risque de surpasser les facultés intellectuelles et physiques humaines, et amène dans les prochaines décennies à une révolution structurelle profonde des sociétés, ce qui suscite énormément d’interrogations.

Des pays occidentaux aux régions orientales, les fondations de cette nouvelle intelligence sont en train de se déployer. Actuellement, une poignée de gouvernements et de multinationales s’intéressent de prêt au développement de l’I.A. D’un côté, nous avons la Silicon Valley dominée par les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) et les nombreuses sociétés High-Tech d’Elon Musk. De l’autre, l’Extrême Orient avec les entreprises de hautes technologies coréennes, japonaises et chinoises avec pour chef de fil, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Cette course effrénée à une intelligence artificielle de plus en plus performante, amènera à un contrôle total. La Chine s’est d’ailleurs fixée l’objectif d’être d’ici 2030, le leader mondial en matière d’I.A, et, de déchoir les Américains de leur rang de première puissance mondiale à l’horizon 2049, année du centenaire de la République populaire. Pour se faire, le Parti Communiste au pouvoir se donne les moyens de ses ambitions en investissant, chaque année, 70 milliards dans ce domaine et en étant à l’international l’un des acteurs majeurs du développement du réseau 5G. L’implantation des antennes 5G vont faciliter, par l’augmentation des débits et des volumes de données, la diffusion des nouvelles technologies et amélioreront la performance des calculs algorithmiques. Dans cette compétition à l’intelligence artificielle, avoir la main sur le réseau internationale est primordial pour maintenir une domination sur ses concurrents. Sur ce point stratégique et au travers de la société Space X d’Elon Musk, les américains ont également leur mot à dire. En effet, ils ont envoyé des milliers de satellites dans l’espace, placée en orbite basse, leur constellation devrait constituer un réseau internet planétaire haut débit baptisé « Starlink ».

Cependant, nous ne sommes qu’au début de l’I.A et son utilisation par ses principaux protagonistes est déjà controversée. On la vend comme le moyen de créer du lien social, de faciliter les échanges, de transmettre de l’information, d’être un outil indispensable et sécuritaire, néanmoins elle est aussi le moyen autoritaire de mettre en place une surveillance de masse, d’orienter la consommation et de contrôler les opinions. Pour exemple, la Chine surveille étroitement sa population avec un système de reconnaissance faciale et vocale installé partout dans le pays. Elle a conçu un programme numérique de notation appelé « crédit social » afin de créer une société s’éloignant de toute dissidence. Dans le cas de la gestion de la crise du coronavirus, elle a développé une politique de traçage des individus et on a vu apparaître à Singapour des chiens robots veillant au respect de la distanciation sociale entre les personnes.

Chez son principal adversaire américain les dérives sont tout aussi dangereuses. Via des sociétés de big data comme Palentir ou Cambridge Analytica, les états-unis facilite le partage de données privées entre la CIA et la Sillicon Valley, ainsi qu’un profilage psychologique des individus. L’objectif de cette démarche étant d‘identifier les gens, de les comprendre, et de les influencer dans leur consommation ou dans leurs opinions politiques. On a d’ailleurs pu constater, lors du scandale Cambridge analytica, après la découverte qu’en 2015 Facebook autorisait la collecte de données personnelles, un laisser faire des autorités américaines non sans conséquence sur le résultat des élections présidentielles de 2017.

Pour le moment les capacités de l’I.A sont encore faibles, elle n’est qu’un système algorithmique calculant et traitant de plus en plus de données, de plus en plus vite. Toutefois, le but ultime des scientifiques positionnés sur cette recherche, est de créer une I.A apte à faire tout mieux que l’homme, libre d’inventer ses propres tâches et de penser par elle-même. Jurgen Schmidhuber, considéré comme l’un des pères de l’I.A, travaille sur des robots capables d’apprendre par eux-mêmes et être parfaitement autonomes. Il pense la chose suivante : « Ni moi, ni l’humanité dans son ensemble ne sommes le couronnement de la création. Nous plantons le décor pour quelque chose qui nous dépasse, qui nous transcende. » Cette idée particulière du progrès et du rôle de l’homme sur terre est soutenue par les transhumanistes qui souhaitent voir l’apparition d’une intelligence hybride alliant l’humain et la robotique. L’homme serait alors capable de donner naissance à une entité immortelle, programmée pour augmenter sans cesse ses facultés physiques et intellectuelles. La possibilité d’octroyer à une communauté de chercheurs un pouvoir quasi divin remettrait en question l’idée fondatrice de nombreuses religions basée sur la présence d’un unique créateur.

Chaque nouvelle génération de technologie permettra à l’I.A de devenir encore plus puissante. La chose la plus importante est de s’intéresser à cette évolution scientifique pour pouvoir, par des choix démocratiques, imposer des réglementations afin d’éviter les dérives. Il n’est jamais bon que des technologies de cette puissance restent entre les mains de quelques-uns. Il est donc nécessaire qu’une grande partie des Etats, notamment européens et africains se saisissent eux aussi de cette innovation, car il n’est pas dans l’intérêt général de devenir des cybers colonies auxquels on imposera des politiques destructrices d’emplois, polluantes, de surveillance de masse ou renforçant les inégalités sociales. Le monde doit avant tout utiliser l’I.A pour régler les grands problèmes à venir comme : prévenir des nouvelles maladies, faire face au changement climatique, mettre fin à la pauvreté et aux conflits.

Il faudra qu’un jour l’homme stoppe cette folie de vouloir devenir un être spécial, toujours plus performant, alors qu’au fond dans ce vaste univers, il n’est qu’une insignifiante poussière.

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