Le culte du dataïsme
Crise du coronavirus, les géants du numérique ainsi que les politiques en profitent pour accélérer la digitalisation du monde. Multiplication des caméras de vidéos surveillance, activité en forte hausse sur les plateformes en ligne, intensification des flux de données, accentuation de l'usage du tracing et de la reconnaissance faciale, apparition des drones, puces électroniques ?! L'humain est en train de perdre pied dans un espace de plus en plus numérisé.

Les partisans du Grand BIG DATA possèdent leur propre mouvement philosophique, le Dataïsme ! Cette idéologie est récente, elle a été popula-risé en 2013 dans les pages du New York Times par l’article « The Philosophy of Data » de David Brooks, puis a été reprise plus récemment par Yuval Noah Harari dans son dernier chapitre « la religion des data » extrait de son livre homo deus. Les dataïstes développent leur pensée et affirment que dans un environnement de plus en plus numérisé, les êtres humains ne peuvent plus faire face aux flux immenses de données qui les entoure. Le calcul de ces dernières doit donc être confié à des algorithmes électroniques dont la capacité excède de beaucoup celle du cerveau. Les dataïstes sont sceptiques envers le savoir et la sagesse des hommes et préfèrent se fier au BIG DATA. Ils voient l’humain comme un algorithme obsolète qu’il est nécessaire de remplacer par un moyen de traitement des informations plus performant.

Dans un monde fortement dématérialisé, si Homo Sapiens veut survivre il doit alors suivre les préceptes de BIG DATA et se laisser guider par cette religion naissante, qui, si elle était alimentée par un nombre suffisant de données biométriques et de puissance informatique, pourrait aider les humains à se comprendre mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes. Grâce à des pratiques comme le Quantified self, l’homme pourrait progressivement s’intégrer aux flux de données. La constitution de banques de données à forte capacité de stockage serait alors nécessaire. Elles permettraient de prendre des décisions plus avisées. En effet, les algorithmes s’appuieraient sur des calculs de probabilités en fonction de la densité des données et statistiques à disposition afin d’anticiper et de choisir mieux que quiconque. En contrepartie, pour le bien de tous, et pour que cette machine à raisonner complétement digitalisée fonctionne, l’homme devra partager au quotidien ses données personnelles. Par conséquent il devra renoncer à sa vie privée, son autonomie et son individualité. Selon l’historien Yuval Noah Harari, nous sommes entrés dans une ère nouvelle où les algorithmes et les données vont remplacer notre libre arbitre et notre intuition. Le Dataïsme s’apprête à prendre le pas sur l’humanisme et la religion.

Mais que veulent véritablement ces prophètes du Data ? L’enfermement dans un espace de plus en plus numérisé, connecté, dématérialisé, robotisé est pourtant bien réel. BIG DATA s’empare déjà de nos vies, ne serait-il pas qu’une étape dans un processus d’assimilation de notre nature humaine ? Quand on aperçoit le travail acharné de nombreux chercheurs en neuroscience, à vouloir absolument calquer l’architecture neuronale humaine pour la transposer à celle de l’intelligence artificielle, ou encore, quand Boston Dynamics présente Atlas, un de ses robots mobiles dernière génération, possédant des articulations et une silhouette dupliquée des caractéristiques de l’homme, on est en droit de s’interroger ! Dans le même temps, le smartphone s’est diffusé partout sur la planète, les bijoux connectés et les lunettes de réalité augmentée ont ouvert les portes du Metaverse, et dans certains pays, on expérimente déjà les puces sous-cutanées. Avec tous ces nouveaux objets près du corps, suivant une esthétique, un mouvement ergonomique pour que nous les intègrerions naturellement, n’y a-t-il pas derrière une réelle volonté de s’introduire physiquement dans l’homme, pour le rendre inerte et laisser place à une machine humanisée en cours de conception ? Les nouvelles sciences du numérique et les biotechnologies, couplées avec des courants de pensée comme le dataïsme ou le transhumanisme, amènent de sérieuses questions éthiques auxquelles il faudra être capable de répondre, si l’on ne souhaite pas observer un jour, le transfert de l’humain vers un être complètement bionisé. Téléchargement en cours…

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