En mai 2021, les violences ont redoublé en Israël et en Palestine. La solution à deux États est-elle la meilleure ? Plus d’une centaine de morts du côté palestinien et une dizaine du côté israélien sont à déplorer. Pour comprendre les origines du conflit Israëlo-Palestinien, des dates clés sont à retenir :
- 1948 : naissance de l’État d’Israël sur 56% des terres de Palestine ce qui déclenche un mouvement d’expulsion de masse. Partition de Jérusalem
- 1967 : guerre des 6 jours : Israël occupe toute la Palestine
- 1987-1993 : première Intifada (« guerre des pierres »), résistance palestinienne
- 1993 : accords d’Oslo qui dessine de nouvelles frontières et ouvrent la voie vers un État palestinien. Depuis, Israël grignote les terres palestiniennes en établissant des colonies
- 1996 : regain des tensions suit à la percée d’un tunnel sous l’esplanade des mosquées
- 2000-2005 : seconde Intifada (« guerre des pierres »), résistance palestinienne, vague d’attentats-suicide
- 2002 : édification du mur de séparation à Jérusalem
- Depuis 2008 : « guerre de Gaza » : offensive israélienne sur la bande de Gaza alors qu’Israël avait commencé de se désengager depuis 2005
- Depuis 2014 : regain de tensions
- 2017 : les États-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale de l’État hébreu
- Mai 2021 : guerre des 11 jours
Selon Benjamin Miller, spécialiste en sciences politiques, la seule solution possible et souhaitable au conflit israélo-palestinien est une solution à deux États pour les raisons suivantes : Premièrement, Le conflit est par essence un « conflit nationaliste extrême » entre deux populations qui se réclament toutes deux du droit à l’auto-détermination. Ainsi, une solution à un État ne saurait fonctionner du fait de la nature profondément nationaliste du conflit. Un État pour deux nations aurait donc pour effet de créer un décalage entre la citoyenneté (l’État) et le sentiment d’appartenance (la nation). Si les pays européens ou les États-Unis sont parvenus à créer des États-nation, cela est arrivé au bout de plusieurs centaines d’années de guerres sanglantes. Deuxièmement, les deux parties ne se font pas confiance. Il semble donc difficile d’envisager une solution deux nations dans un État, d’autant plus que les médiations étrangères ou onusiennes ont toutes échoué. De plus et à plus long terme, des changements démographiques viendraient fragiliser de potentiels accords de partage de pouvoirs. Troisièmement, une partie importante des populations sont en faveur de la solution bi-étatique. Si le soutien à la solution à deux États baisse depuis 2016, il est à noter qu’à date de septembre 2020, il est à 43% chez les Palestiniens et 42% chez les Israéliens.
La solution à deux Etats permet à chacun de satisfaire ses besoins nationalistes, bien que ne permettant pas de satisfaire d’autres besoins comme par exemple le contrôle de l’ensemble du territoire. Ce serait un compromis équilibré où chaque partie renoncerait à son « droit de retour » sur l’ensemble des terres tout en conservant une partie de celles-ci. Cependant, l’importance allouée au lieux saints n’est que rapidement évoqué par l’auteur. Le mur des Lamentations, l’esplanade des mosquées et l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem ont une importance symbolique majeure pour trois religions : le judaïsme, l’islam et le christianisme.
