Le 16 août dernier, lors d’un long discours prononcé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le président Poutine accusait l’Occident de détourner l’attention de ses propres citoyens des problèmes socioéconomiques urgents tels que la chute du niveau de vie, le chômage, la pauvreté et la désindustrialisation. Le chef du Kremlin profita également de cette tribune pour réitérer ses propos concernant l’ordre mondial unipolaire voulu par les élites mondialistes, assurant que ce dernier n’aura pas lieu : « Je répète que l’ère du monde unipolaire est en train de devenir une chose du passé. Peu importe la force avec laquelle les bénéficiaires du modèle mondialiste actuel s’accrochent à la situation, il est voué à l’échec.» Sept mois après son invasion de l’Ukraine, l’ours russe semble définitivement sorti de sa Taïga avec la féroce intention de faire tomber l’occident.
Cela fait trop longtemps que la Russie se sent humilié par les États-Unis. Ces derniers, qui, depuis la fin de l’union soviétique, n’ont cessé de mettre en place leur politique d’endiguement, défini principalement par un élargissement de l’OTAN vers l’Est et accompagné de mesures économiques restrictives à l’égard de leurs opposants. Aussi, les révolutions de couleur, soutenues par les occidentaux au début des années 2000, ont été, en 2004, une des raisons responsables du conflit russo-ukrainien. Par la suite, les tensions entretenues par les deux blocs américain et russe, ont abouti, en 2014, lors de la révolution de la place de Maïdan à Kiev, à un changement de régime pro Europe, démocratique et indépendant favorable à Washington, mais également, à une annexion de la Crimée favorable à Moscou. Huit ans plus tard, Poutine n’a toujours pas digéré la sortie de Kiev du giron moscovite, jugeant la tentative d’expansion du modèle occidental à ses frontières inacceptable pour la sécurité nationale de la Russie. Ce dernier s’est même convaincu que « l’empire du mensonge » a fait de l’Ukraine sa marionnette pour attaquer la Russie. Ainsi, il entend répondre à ses détracteurs en faisant de cette intervention « militaro-technique » le moyen de défaire le pouvoir occidental ennemi, dans le but de bâtir un ordre mondial radicalement nouveau.
