La COP 27 serait l’une des COP de la dernière chance. Événements annuels rassemblant plus de 190 pays et des dizaines de milliers de militants, les COP sont le temps des passions et des accusations. Le temps presse, selon les derniers rapports du GIEC et de l’ONU, datant de février et d’octobre derniers. Les engagements actuels sur le climat sont un « aller simple vers le désastre », vers +2,7° selon l’ONU si les États tiennent leurs engagements actuels, ce qui n’est pas encore le cas.
Les discours « qui font peur », à l’instar de celui prononcé par Greta Thunberg, 16 ans en 2019, sont-ils les plus efficaces pour créer un sursaut ? « Je ne veux pas que vous ayez l’espoir. Je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours (…) Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu – parce qu’elle l’est » (Greta Thunberg au Forum de Davos, janvier 2019)
Une étude de 2017 menée auprès de 41 activistes s’est interrogée sur l’efficacité de leurs messages lorsque ceux-ci sont tintés de peur, d’espoir, de colère et de culpabilité. La peur, est une émotion souvent liée à l’inhibition, à l’immobilisme : elle paralyse. Cependant si le message porte de l’espoir, la peur pousse à agir.. ce qui en retour crée plus d’espoir. La culpabilité, quant à elle, peut transformer une peur paralysante en une colère mobilisatrice.
Les militants des pays du Nord auraient plus tendance à lier peur et espoir, en évitant la colère et de pointer du doigt. Au contraire, les militants du Sud laisseraient transparaître plus de peur et moins d’espoir tout en accusant les pays du Nord. Cela peut paraître surprenant si l’on pense aux activistes les plus vocaux comme Greta Thunberg (qui vient pourtant d’un pays du Nord, la Suède, et qui est connue pour ses éclats accusateurs envers les dirigeants du monde entier). La médiatisation de ces grands activistes prend-elle le pas sur les voix plus discrètes ? Les messages accusateurs et coléreux ont-ils plus de chance d’être relayés et donc écoutés ?
