Une stratégie qui ne fait pas les affaires des petits commerçants et de certains secteurs d’activités qui doivent une nouvelle fois rester fermé. En effet, depuis le 1er confinement, les trésoreries ont été mobilisées pour faire face aux effets de la crise mais les pertes de revenus ont été telles que le tissu économique s’est affaibli. Malgré le dispositif d’aide, si les mesures de confinement se prolongent et se répètent dans le temps, le chômage partiel et les prêts garantis par l’état pour compenser les pertes de chiffre d’affaires, lorsqu’ils seront levés, n’empêcheront pas la crise économique. Au contraire, elles participeront davantage à une accélération des faillites et à la disparition de centaines de milliers d’emplois. Cet endettement massif pour protéger les entreprises, qui s’élèverait à 55,5 milliards d’euros fin 2020 puis 65,2 milliards fin 2021 selon les projections, risque de peser énormément sur notre économie de plus en plus fragile.
Cependant, même si Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, nous rassure sur un impact économique qui devrait s’avérer moins critique que par rapport au premier confinement, tant qu’il n’y aura pas une reprise dynamique et durable de l’activité, on ne pourra pas réparer les dégâts déjà causés. Sur le 3ème trimestre 2020, la vague d’achat n’a pas été suffisante pour combler le manque à gagner du début d’année, sans compter que les français pensent que l’heure est à l’épargne de précaution. De plus, comment retrouver un dynamisme quand le nombre de personnes en France sous le seuil de pauvreté se rapproche des 10 Millions, et que, la crise va accentuer la précarisation de notre société et faire exploser le chômage ? Aussi, le gouvernement ne semble pas vouloir venir en aide à cette population pauvre et précaire. La réforme de l’assurance chômage modifiant le calcul des indemnités journalières en est la preuve, c’est la mise en place d’un véritable plan de rigueur pour les demandeurs d’emplois. S’ajoute à cette paupérisation de masse les projets de privatisation des retraites, des primes COVID tant attendues qui n’ont pas été versées à tous et les ambitions du gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, de continuer sa dérégulation de nos produits d’épargne dites réglementée (livret A, LDD, CEL, PEP, PEL…), favorable aux actionnaires et non à l’intérêt général.
Toutefois, il faut continuer à suivre les directives et se diriger vers une crise structurelle et violente qui risque, par la même occasion, d’anéantir complètement notre système redistributif et les secteurs d’activité du « lien social » (sport, culture, bar, restauration). « Il s’agira d’apprendre à être une nation plus résiliente qui va produire de l’économie de la vie » nous disait Mr Macron dans son discours du 14 octobre 2020. Nous sommes surtout devenus une nation cloisonnée, enfermée sur elle-même par le télétravail, de moins en moins libre, dans un système de plus en plus répressif et autoritaire. Au même titre que notre économie, par l’état d’urgence, le gouvernement est en train de déstructurer notre état de droit. La loi de sécurité globale interdisant la diffusion des images des forces de l’ordre et la loi Avia contre les contenus haineux renforcent cette idée.
Le temps est à la réflexion d’une gestion de crise et non pas à une légifération nuisible envers nos libertés. Sans compter que nombreux sont ceux qui nous préviennent qu’une législation d’exception est bien souvent une législation qui perdure dans le temps. Devrons-nous alors nous habituer à l’arbitraire, a la privation des libertés d’aller et venir, d’expression, de se réunir, de manifester, ainsi qu’aux choix économiques destructeurs d’une partie de l’économie et d’une certaine classe sociale, ou pourrons-nous réellement revenir à la normal ? Nous sommes à l’aube d’un point de non-retour…The great reset!
