Les braqueurs aux masques de Dali, symbole de ce que l’on peut appeler la révolte d’un peuple contre un pouvoir établi, sont à l’image de la crise sociale qui se fait sentir. Dans les circonstances que nous vivons, où une divergence des opinions devient profonde, où la crise sanitaire est la preuve que le système économique presse sur le climat et les inégalités sociales, le gouvernement craint la montée en puissance d’une révolte populaire. Les personnes en garde à vue pour l’utilisation de banderoles « Macronavirus, à quand la fin ? » pourraient témoigner de cette colère que l’Etat souhaite dissimuler.
Cependant les braquages, les manipulations ou les violences sont rarement ce qui amènent à des changements plus vertueux. Au contraire, elles décrédibilisent et affaiblissent les mouvements sociaux, ce qui, inévitablement, rend service aux tenants du système. En effet, Delphine Batho, député verte des Deux-Sèvres et ancienne Ministre de l’Ecologie, souligne l’importance du pacifisme de ces mouvements, dans une interview accordée à Thinkerview : « on ne défend pas des idées justes, par des méthodes d’actions violentes dans une société, qui est une société démocratique ». De plus, dans cette même allocution, elle nous dit qu’il est préférable d’agir en nombre et précise ne pas remettre en cause les actions militantes, la radicalité, le boycott ou encore la désobéissance civile. Il est vrai que le niveau d’engagement et l’implication dans le temps sont les variables qui permettront ou non aux manifestations et leurs moyens de pressions d’être efficaces. De plus, différents types d’actions périphériques s’ajoutent à ces mobilisations. On a d’ailleurs vu fleurir les hackers et lanceurs d’alertes, réussissant à pirater le système dans son antre pour pouvoir en diffuser ce qu’il y a de plus factuel, de plus saisissant, comme des documents officiels, vidéos de surveillance, écoutes ou encore des témoignages.
Cette volonté qu’ont certains de vouloir exprimer leur mécontentement, de vouloir nous alerter et agir, est la conséquence d’un mépris depuis trop longtemps accumulé. Il en est de même pour cette intoxication que nous fait subir le langage politique et ses mensonges qui, quand ils sont dévoilés, déchiffrés et compris, sont difficilement assumables pour la plupart d’entre nous.
