L’avenir
Dans une époque où le lien social s'est largement distendu, nous recherchons toutes et tous à le reconstituer à notre manière.

Si la solidarité et le partage sont les principales qualités empathiques humaines; Comités des fêtes, Centres Sociaux Culturels, APE, associations et bénévolat.. sont là pour nous rappeler que le tissu associatif (1,3 million d’associations en France soit 56 personnes par unité) est très développé. En effet, nos terroirs sont un maillage extrêmement dense de regroupements humains et l’avenir qui s’annonce, nous suggère implicitement ce type d’agrégation.

Défendre nos valeurs, nos entreprises, notre santé, notre alimentation, notre culture… est vital. Nous subissons le désert médical qui nous scandalise, une dépendance alimentaire que la crise du Covid nous a révélée, une accession au grand âge sans solution pérenne… L’avenir est à fabriquer. Il est entre nos mains. On peut évidemment attendre que cela vienne du haut mais si nous réfléchissions ensemble, nous pourrions trouver des idées, sinon des solutions, à notre échelle.

Pour ça, nous pouvons nous réunir comme à l’époque des « nuits debout » ou des gilets jaunes. À ce point de l’histoire, nous nous étions alors promis de nous revoir chaque année pour reparler de tout ça… et comme l’eau dans les sables du désert.. plus rien. La source s’est tarie. Chacun a retrouvé ses préoccupations quotidiennes… Cela n’empêche pas les projets de galoper, et les jardins partagés en sont un des pointillés car pouvoir se nourrir sans dépendre totalement des circuits traditionnels est une gageure. Les jardins partagés ne sont que la continuité historique des jardins familiaux, jardins ouvriers ou d’autres collectifs créés à partir de 1850.

Chacune et chacun qui y travaille, récolte selon ses besoins. Sans tomber dans un collectivisme outrancier, il nous est permis de travailler à cette idée. Retrouver une indépendance alimentaire en créant du lien de voisinage et en confortant la transmission des savoirs. Justement, vers 1850, face à l’industrie théoriquement porteuse de progrès, quelques idéalistes, chrétiens progressistes, radicaux , socialistes, maçons, humanistes cherchent des solutions à cette société bien peu regardante sur le sort des petites gens dont la misère est intolérable. Un de ceux-là, Charles Fourier conçoit une idée : regrouper des communautés humaine dans un lieu pensé pour leur habitat, leur travail, leur éducation et leur bien-être… C’est l’époque du paternalisme tant contesté dans les années 60-70. Il nommera cette idée phalanstère (du grec phalanx, « formation militaire rectangulaire » et stereos, « solide »). Il s’agit de regrouper des familles dans une sorte de communauté d’intérêts. Harmonie, égalité, assistance sont les valeurs principales dans cette sorte d’hôtel coopératif. Tout sur place est pensé pour faciliter la vie quotidienne. Magasins, école, mutuelle, médecin, crèche, gymnase, piscine, cuisines, réfectoire, lingerie, bibliothèque, théâtre, jardins familiaux… Un industriel à l’esprit éclectique, JB André Godin (les poêles Godin), lui-même ancien ouvrier serrurier, va s’intéresser à ce concept et créer la familistère de Guise dans l’Aisne.

Les regroupements humains par intérêts ou affinités n’étaient pas nouveaux (monastères, guildes, associations mutuelles d’ouvriers..) mais cette idée associant, travail, vie familiale et éducation ouvrière, était un réel projet avant-gardiste. André Godin transforme l’entreprise en coopérative et les bénéfices financeront directement le familistère et les œuvres sociales. Pas de distribution de dividendes auprès de porteurs d’actions « hors-sol ». Cette coopérative humaine qui démarre vers 1860 va perdurer jusqu’en 1968. Les temps ont alors changé et chacun se renferme pour regarder la télé, se déplacer avec sa propre voiture pour s’en aller vers ses propres vacances… chacun veut accéder à la consommation qui nous a mené aujourd’hui… à une certaine addiction. (du latin : dette d’esclave) Oui, l’utopie issue de l’esprit de Thomas More (Utopia, XVIème) ou Cabet, Owen (XIXème) a donné des idées à bien des théoriciens politiques (Marx, Engels..). Même s’il est évident que ces systèmes collectifs sont plus ou moins autoritaires et obsolètes de nos jours, nos comportements individualistes nous mettent en face de nos propres contradictions et il n’est pas impossible de penser que très bientôt nous pourrions avoir à nous regrouper, à partager, à nous entraider au sein de.. non pas des phalanstères mais au sein de regroupements d’intérêts collectifs et coopératifs. C’est là le but des jardins partagés.

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